Résidence de prestige depuis sa construction, le château de Bois Dieu a failli disparaître il y a une quarantaine d’années, avant d’être sauvé par la mobilisation locale.
L’histoire du Bois Dieu remonte à l’époque gauloise, où cette forêt, considérée comme sacrée, servait de lieu de culte. Avec l’évangélisation des campagnes au IVe siècle, une chapelle chrétienne y fut édifiée à la place des anciens sites religieux païens, donnant naissance à ce qui deviendra plus tard la chapelle de Bois Dieu.
Au Moyen Âge, le domaine voit la construction d’un four à chaux vers 1339. La première mention écrite du « Bosco Dei » (Bois Dieu) apparaît en 1370, évoquant un hameau isolé dont les habitants, surnommés « les loups » par les villageois, vivaient en retrait.
La construction du château
En 1680, André Claustrier, receveur général des Finances de Lyon, devient propriétaire du Bois Dieu. Il y fait bâtir un château et remplace l’ancienne chapelle par un nouvel édifice religieux. Personnage influent à Lyon, il mène grand train avant d’être condamné pour fausse monnaie en 1684.

Au fil des décennies, le château passe entre plusieurs mains et connaît des épisodes marquants. Il est brièvement occupé par les armées autrichiennes lors de la bataille de Limonest, l’une des dernières grandes confrontations napoléoniennes (20 mars 1814).
Plus tard, Joseph Marie Léon de Fleurdelix, industriel prospère et maire de Lissieu pendant de longues années, transforme le domaine en l’une des plus belles propriétés de la région. Il y accueille notamment le Maréchal de Mac Mahon, Duc de Magenta, pour des parties de chasse. En 1850, une nouvelle chapelle est construite, celle que l’on peut voir aujourd’hui.
À la mort de Mme Fleurdelix en 1895, sans héritiers directs, le domaine est transmis à son neveu André Devienne, qui le revend en 1911 à Charles Jacquemont. Ce dernier agit pour le compte de l’Archevêché de Lyon, qui envisage d’y installer une résidence pour religieux âgés.
Finalement, le château est loué à Louis Neyron, industriel lyonnais et fondateur de la marque Rasurel en 1884. En quête d’un lieu paisible, il finit par en faire l’acquisition le 29 novembre 1915.
Un sauvetage in extremis
En 1968, l’ouverture de l’autoroute Paris-Lyon place Bois Dieu à seulement 15 minutes de la métropole lyonnaise, attirant ainsi l’intérêt des promoteurs immobiliers. L’un d’eux lance un vaste projet de construction de 350 maisons, s’engageant toutefois à préserver le château et sa chapelle. Si la ferme du domaine est détruite, le château est lui aussi menacé de démolition.
C’est grâce à la mobilisation des habitants du Bois Dieu que la restauration du château est finalement décidée, évitant ainsi sa disparition.
Aujourd’hui, ce magnifique édifice abrite des appartements résidentiels, un logement d’urgence géré par la mairie, la cantine et la garderie de l’école du Bois Dieu, ainsi qu’un club de billard français de renom.